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„Arrêtons le doping“

Chiffre inquiétant: la moyenne d’âge de ceux qui se dopent est de 16 ans

01.03.15 - Niklas Ottersbach



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Fitness.com : A quoi pourrait ressembler un concept anti-dopage pour les jeunes sportifs professionnels ?
Professeur Simon : En ce qui concerne les sportifs professionnels à l’âge adulte, la lutte contre le dopage pourrait être améliorée grâce à des méthodes d’analyses plus approfondies et à des enquêtes plus appropriées sur les athlètes soupçonnés et sur leur entourage. Quant aux jeunes espoirs sportifs, je vois le problème différemment. A ce niveau là, il faut commencer déjà très tôt à empêcher les sportifs à penser au dopage. J’aurai tendance à dire et c’est mon avis que les jeunes sportifs sont gravement poussés à se doper et qu’ils n’ont pas le temps de se pencher sur le problème. Ils sont plus ou moins contraints par leur entourage. A vrai dire ils n’ont pas d’autres alternatives. Les fédérations ont une position assez ambiguë sur ce sujet. Pour un sport sans dopage, il est absolument nécessaire de donner des lignes directives claires et précises.

Fitness.com : qu’est-ce que vous entendez par une position ambiguë de la part des fédérations ?
Professeur Simon : Thomas Springstein, par exemple entraîneur de sportives qui ont été suspendues pour cause de dopage, a été nommé entraîneur de l’année 2002. La fédération allemande d’athlétisme s’est autorisée cela. D’un côté on sanctionne, et de l’autre, chacun peut imaginer ce que Thomas Springstein a fait en 2002 sachant en plus qu’il avait déjà été jugé en 2000 pour dopage sur des mineurs. Tout cela a été encouragé par la fédération allemande d’athlétisme. Quand on est aux premières loges en tant qu’athlète, alors il est évident que l’on n’est pas prêt et ni en mesure éthiquement et moralement d’être exigeant envers soi, si la fédération elle même n’est pas prête à remplir ses propres fonctions.

Fitness.com : Devrait-on renforcer les contrôles de dopage en Allemagne ?
Professeur Simon : Bien sûr mais il est impératif d’améliorer les méthodes d’analyses. Tant que l’on n’améliorera pas la méthode utilisée, je ne pense pas que l’augmentation à outrance des contrôles soit vraiment justifiée. Il serait intéressant au cours des deux prochaines années d’analyser concrètement ce que les contrôles dits « intelligents » ont révélés. Peut-être que l’on serait amené à constater que le nombre de sportifs dopés n’a absolument pas augmenté. Au contraire peut-être même qu’il a diminué. Actuellement on ne peut absolument pas savoir si les sportifs sont devenus plus « clean ».

Fitness.com : L’Allemagne injecte très peu d’argent dans la lutte contre le dopage, en effet 6 millions d’Euros (en France 18 millions d’Euros). Est-ce que plus d’argent investi dans ce domaine serait la clé pour une lutte contre le dopage plus effective ?
Professeur Simon : C’est effectivement l’une des clés. Il faut être clair, ce que les Français dépensent à ce niveau là n’est pas non plus énorme. Mais c’est vrai qu’avec plus de moyens financiers, c’est plus facile pour obtenir des résultats. Mais ce dont disposent les Français, c’est une législation qui permet d’entamer une enquête beaucoup plus tôt et de pouvoir s’attaquer à l’entourage du sportif, lorsque l’on soupçonne une forme de dopage. Une enquête avec des indices que l’on trouve et un test positif dans un processus de dépistage indirect qui confirme l’indice sont pour moi des méthodes qui tiennent la route.

Fitness.com : merci pour cet entretien et pour votre franchise.


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